L’Allemagne, nouvel eldorado des infirmiers ?

Salma KammounTravailler en Allemagne Comments

30 à 50 000 postes d’infirmières et d’aides-soignantes sont vacants en Allemagne. Cette pénurie ne fera que s’aggraver dans les années à venir. Zoom sur un pays où les soignantes étrangères sont plus que bienvenues.

Les syndicats d’employeurs allemands estiment que 30 000 à 50 000 emplois d’infirmière et d’aide-soignante ne sont actuellement pas pourvus, sur un total de 1,1 million de postes – dont 805 000 infirmières. La situation n’est pas près de s’arranger : selon les récentes projections du cabinet de conseil Roland Berger, il y aura 126 000 postes vacants en 2015 et 414 000 en 2030.

Pour faire face à ces besoins grandissants, gouvernement et établissements se tournent vers l’étranger.En 2011, 27 000 infirmières formées à l’étranger exerçaient en Allemagne. Les nationalités les plus représentées sont les Turques, les Croates et les Polonaises.

  • Trois formations de base

Il existe trois types de formation de base, se déroulant sur trois années : infirmière en soins generaux, infirmière puéricultrice et infirmière gériatrique. Elles sont accessibles aux élèves dotés de l’équivalent du brevet des collèges. La formation se déroule en écoles professionnelles, qui sont situées au sein des hôpitaux et des établissements pour personnes âgées, ou qui ont passé une convention avec l’un d’eux. Même si l’organisation des écoles relève de chaque région, le diplôme est national. Les élèves sont rémunérés pendant leurs études (environ 700 euros par mois en 1ère année ; 850 euros en 3ème année).

L’enseignement comprend 2 100 heures de théorie et 2 500 heures de pratique en services hospitaliers, en établissements pour personnes âgées et en services de soins à domicile. Pour les infirmières en soins généraux et les puéricultrices, 1 200 heures sont consacrées à leur dominante. Le cursus d’une infirmière gériatrique est concentré sur les soins aux personnes âgées.

Il existe neuf spécialisations accessibles pour les diplômées en soins généraux : bloc opératoire/endoscopie, hygiène, soins intensifs/anesthésie, gériatrie clinique, néphrologie, oncologie, soins palliatifs, psychiatrie, rééducation/soins de longue durée; huit pour les diplômées en puériculture (les mêmes, sauf gériatrie clinique) et cinq pour les diplômées en gériatrie (gériatrie clinique, oncologie, soins palliatifs, psychiatrie, rééducation/soins de longue durée). Ces formations durent, si elles sont effectuées à temps plein, de un à deux ans.

  • Un salaire moyen brut de 2450 euros par mois pour les infirmières généralistes

Le niveau de salaires est fixé par des conventions collectives dans les établissements de grande taille. Les établissements de plus petite taille ont souvent leur propre grille, moins généreuse. Selon une enquête de l’institut de recherche économique WSI en 2013, le salaire moyen brut (hors primes) pour 38 heures par semaine atteint 2 450 euros pour les infirmière généralistes, 2 480 pour les infirmières puéricultrices et 2 190 pour les infirmières gériatriques.

Les rémunérations pour les infirmière avec spécialisation sont plus élevées (chiffres de 2012) : 3 066 euros pour les infirmières de bloc opératoire, 2 908 euros pour les infirmières en anesthésie et 2 665 euros pour les infirmières psychiatriques.

Les infirmières chefs se situent à un niveau intermédiaire : 2 600 euros en moyenne pour une infirmière chef en service pour personnes âgées, 2 910 euros pour une infirmière chef généraliste ou en pédiatrie.